Main La peau de mon ado

La peau de mon ado

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EDEN1250266
Year:
2017
Language:
french
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La Maîtresse De Brecht

Year:
2014
Language:
french
File:
EPUB, 331 KB
2

La maison Zeidawi

Year:
2014
Language:
french
File:
EPUB, 1.68 MB
DR NINA ROOS





LA PEAU

DE MON ADO





À Barthélemy, Balthazar et Félicité, mes ados et préados

qui me remplissent de fierté.

Vous êtes des enfants formidables !

À mon mari, Charles, tout simplement.





Écrire un livre sur la peau des adolescents, c’est se concentrer sur les multiples problèmes, graves ou pas, que rencontrent les jeunes à une période de leur vie où ils changent brusquement, physiquement et psychologiquement. Mais aborder les problèmes de peau, tels qu’on les voit en consultation, à travers le prisme de l’adolescence, c’est inévitablement tomber dans la « caricature de l’ado à problèmes » si l’on met toutes les situations possibles bout à bout.

Or, la plupart du temps, on ne voit un jeune patient en consultation que pour un souci particulier, dont la prise en charge est assez simple et satisfaisante pour lui. Que les parents qui lisent cet ouvrage n’aillent pas imaginer que « leur ado » cumulera l’ensemble des pathologies qui y sont abordées !

Le but de mon travail est de donner aux mères et aux jeunes qui auront la curiosité de me lire des réponses concrètes aux questions qu’ils se posent, et des solutions pour dénouer les problèmes rencontrés. Chaque chapitre compile l’ensemble des situations qu’il m’a été donné de rencontrer dans ma pratique, en consultation de ville, au cours des dix dernières années. Mes jeunes patients d’il y a dix ans sont aujourd’hui de jeunes adultes, j’ai pu les voir évoluer et en tirer des conclusions. J’ai pu aussi noter les différences entre les ados d’hier et ceux d’aujourd’hui, qui n’ont pas la même façon de s’occuper de leur peau ni de s’informer.

Enfin, j’ai la chance d’être la mère d’ados et de préados, entourée de leurs jeunes amis et cousins, qui me permettent de vivre et comprendre pleinement la situation des parents !

C’est donc en tant que dermatologue et mère que je vous livre mes conseils, avec le désir sincère qu’ils aident filles et garçons à grandir et s’épanouir en étant littéralement « bien dans leur peau ».





Introduction




* ; * *





La rédaction de cet ouvrage m’a initialement posé un problème. Bien que le sujet « me parle », je n’étais pas certaine de pouvoir répondre à la question posée. En effet, la peau des adolescents se rapproche de celle des adultes, ils n’ont pas de problèmes réellement spécifiques liés à leur âge en dehors de la fréquence de l’acné. Puis en me remémorant des consultations que j’ai données, et en prêtant attention aux demandes qui me sont faites par des parents (patients, amis ou membres de la famille), il m’est apparu qu’il y avait beaucoup à dire sur le sujet. Et que cet ouvrage pouvait – et devait – apporter des réponses concrètes pour les situations du quotidien.

Or, pour la plupart, celles-ci ne relèvent pas vraiment de la consultation médicale, ou du moins ne la justifient pas de prime abord : lorsque votre enfant était petit, c’est au pédiatre, à l’occasion d’une consultation pour autre chose, que vous posiez les questions relatives à sa peau – choix des soins en particulier, voire « bobologie ». Mais lorsque l’enfant n’est plus en âge de fréquenter un pédiatre (et n’en déplaise à mes confrères, cela arrive de plus en plus tôt), le médecin généraliste n’est pas le meilleur interlocuteur pour les soucis cutanés. Il se montrera un praticien compétent pour la prescription de médicaments mais sera désemparé par les questions plus terre à terre… qui sont pourtant le quotidien des ados et de leurs parents : « Que mettre sur ma peau ? », « Comment atténuer la transpiration ? », « Comment sécher un gros bouton d’acné ? », etc.

Ces interrogations ne justifient pas une consultation en dermatologie. C’est donc tout naturellement, et faute d’interlocuteur fiable et disponible, que les ados, voire les parents, se tournent vers Internet où se trouve tout et n’importe quoi.

C’est dans le but de vous éviter de faire des erreurs, de piocher des conseils saugrenus, et pour aller plus loin que les articles superficiels de la Toile, que j’ai écrit ce livre. Il aborde également les problèmes médicaux, dans le but d’éduquer les parents mais surtout les futurs adultes sur leurs pathologies ou leurs particularités qui nécessiteront un suivi dermatologique. Et parce que votre ado lira peut-être ce livre maintenant ou plus tard, j’ai découpé les chapitres en petites questions permettant une lecture dans le désordre, par problématiques, avec des paragraphes destinés spécialement aux ados qui veulent des conseils concrets et rapides.

J’ai essayé d’être exhaustive et d’aborder tous les sujets qu’il m’a été donné d’entendre. Certaines questions vous paraîtront farfelues, mais sachez qu’elles correspondent à des situations réelles, qui font l’objet d’une interrogation chez le parent ou l’enfant. Et n’oubliez pas que la plupart de celles qu’on pose à un dermato le sont à l’initiative de l’ado. Replacez-vous dans le contexte : on peut avoir des angoisses profondes et des questions existentielles pour quelques poils ou vergetures à 16 ans. Ces situations peuvent occuper la tête d’un adolescent sans que l’adulte comprenne où est le problème. J’en ai tenu compte en donnant un maximum de réponses et de solutions, et ce sans aucun jugement.

Pour apporter un maximum de solutions concrètes et de conseils, j’ai relaté des consultations qui se sont réellement passées. Pour des raisons évidentes, j’ai simplement changé les prénoms de mes patients. Certaines anecdotes relèvent aussi de ma propre expérience, de mes années d’adolescence. Mon âge me donne le privilège d’avoir cette triple expérience dont j’ai souhaité vous faire profiter : des années de pratique en cabinet, des enfants au collège et des souvenirs de mon adolescence encore assez frais dans ma mémoire. J’ai donc pu faire une synthèse de ces trois points de vue à chaque chapitre, et vous y reconnaîtrez forcément des situations que vous connaissez !

Parallèlement à cela, l’état d’esprit qui m’a guidée dans la rédaction a été la bienveillance : celle avec laquelle je traite mes jeunes patients, celle que j’ai envers mes enfants, celle que tout médecin devrait avoir face à un jeune qui prend de l’autonomie et se débat avec un lot de problèmes (de peau ou autres) liés à sa croissance rapide. Soyez patients et bienveillants avec vos enfants. Cela ne veut pas dire donner suite à toutes leurs demandes, mais simplement écouter leurs interrogations, tenir compte du contexte dans lequel ils évoluent et les mettre sur la voie de l’autonomie et de la confiance.

Les adolescents d’aujourd’hui évoluent dans un monde surconnecté qui génère, à mon avis, plus d’angoisses et de questionnements que pour les générations précédentes. Prenez le temps de lire cet ouvrage, d’en discuter avec votre ado. Éduquez également vos enfants pour qu’ils ne deviennent pas les jouets d’une société où la beauté est devenue un business comme un autre et où les standards de beauté et les besoins sont créés par des as du marketing.

Le bien-être d’un adolescent passe par une image positive de lui-même, qu’il doit acquérir progressivement et avec votre aide. Tel est le but de cet ouvrage : aider nos jeunes à devenir des adultes confiants et autonomes, capables de gérer au quotidien les petits désagréments de leur peau ou de faire face avec plus de sérénité et d’aisance à ce qui blesse leur image.

Dr Nina Roos





Devenir parent d’un adolescent




* * *





Votre enfant change à vue d’œil, physiquement et psychologiquement. Et vous devez vous adapter sans cesse à ses nouveaux besoins sans remettre en cause vos principes éducatifs. Il est bien difficile de devenir parent d’un adolescent, mais si vous lisez ce livre, c’est que vous êtes sur la bonne voie !





De l’enfance à l’âge adulte : tant d’étapes en si peu de temps


On étend généralement la période de l’adolescence de 11 à 19 ans. Mais, en réalité, à quelques centimètres près, les enfants changent assez peu avant 12 ans et après 17 ans. C’est principalement entre 12 et 16 ans pour les filles, et 13 et 17 ans pour les garçons que les bouleversements physiques et psychologiques majeurs s’opèrent. Pensez-y : autant de changements qu’entre la naissance de votre enfant et son entrée en moyenne section de maternelle !

Mais les parents ont peu conscience de ces mutations : vous les devinez à quelques critères morphologiques, mais comment savoir vraiment ce qui se passe dans la tête de votre ado ? Et pourtant, son cerveau est en pleine évolution. Au même rythme que ses os et ses muscles s’allongent, le développement cérébral se poursuit intensément. À l’issue de ces quelques années de maturation, la personnalité de votre ado sera définitivement fixée. Certains pédiatres disent que « tout se joue avant 4 ans », mais je crois que les quatre autres années clés de l’adolescence ont également beaucoup d’importance. Il ne faut donc pas cesser votre éducation, bien au contraire.

Quant à la jeune fille ou au jeune homme qui grandit à vos côtés, il lui est bien difficile de subir des changements si rapides. Votre aide lui sera précieuse. Pensez-y tous les jours : votre travail est de lui permettre de devenir un adulte autonome et équilibré.





Des ados tous différents


Chacun son rythme de croissance, chacun sa culture et sa personnalité, chacun son histoire personnelle et familiale… Tous les ados sont différents. Certains sont en conflit terrible avec leur mère ou la société. D’autres se complaisent longtemps dans le cocon familial et ne semblent pas pressés de gagner en autonomie. Les unes se maquillent en sixième, les autres ne démarrent leur croissance qu’à 15 ans. L’énergie débordante des uns contraste parfois avec l’apathie désespérante des autres ! En bande ou isolés, pragmatiques ou rêveurs, fonceurs ou calmes, précoces ou immatures… tous ces qualificatifs décrivent des ados normaux, dont la différence est physiologique : chacun son rythme, chacun son caractère, chacun sa route.

Cela étant, ils possèdent tout de même des traits communs (parfois caricaturaux !) qui sont le reflet des bouleversements intenses qui accompagnent leur croissance.

Ainsi la plupart des ados sont (en vrac) :

impulsifs, au moins verbalement ;



peu sûrs d’eux ;



en quête de reconnaissance de la part de leur groupe ou d’une forme d’autorité symbolique ;



plus sensibles aux recommandations qui n’émanent pas de leurs parents ;



influençables ;



en quête d’une identité de groupe ;



fatigués par leur croissance ;



facilement hypnotisés par les écrans ;



préoccupés par leur visage ou leur corps ;



exigeants ;



impatients.





Cela vous rappelle quelqu’un ? Peut-être vous à 15 ans également ?…





Des ados tous connectés


La grande différence entre votre ado et vous au même âge, c’est Internet, et la société connectée dans laquelle vos enfants ont grandi. Cela paraît à la fois une évidence et une vérité peu originale, mais c’est le point fondamental qui rend les adolescents du XXIe siècle si différents. Leur mode d’information et les influences subies proviennent massivement d’Internet. Leur réputation se fait sur les réseaux sociaux. Il leur est difficile de contrôler leur image, compte tenu du nombre de photos numériques d’eux prises par d’autres. Ils sont bombardés de modèles de perfection physique à atteindre et de contenus publicitaires plus ou moins déguisés.

Élever un ado 2.0, c’est aussi tenir compte de cela, et le protéger si possible durant ces années où il est encore fragile et influençable.





Mère et fils : trouver la bonne distance


La plupart du temps, la relation mère-fils ne se passe pas trop mal. Les deux problèmes majeurs de cette relation sont d’assurer une autorité suffisante dans les familles monoparentales et de trouver la bonne distance face à ce jeune homme qui grandit. Il est rare que les pères (ou leur substitut si une autre personne incarne l’autorité paternelle) soient totalement absents de la vie d’un ado français à notre époque. Le problème qui se pose donc le plus fréquemment aux mères contemporaines, c’est de trouver la bonne place dans la vie de leur fils.

Votre petit garçon câlin va rapidement vous faire comprendre qu’une distance physique est nécessaire entre vous et lui. De fait, cette mise à l’écart de votre corps de femme est vitale pour le garçon qui sent ses désirs s’éveiller. Aussi, respectez son besoin d’intimité, et évitez de lui imposer la vision de ce qui relève de la vôtre (de vos sous-vêtements à votre ordonnance de stérilet, la liste est longue, aussi sachez faire preuve d’un peu de discrétion). Votre fils va également avoir des réticences à vous voir vous occuper de sa santé, en particulier de celle de sa peau puisque cela requiert votre proximité. Là encore, il va falloir vous faire violence et accepter de le laisser gérer ses soins. Les gestes maternants et bienveillants d’une mère à son enfant peuvent être vécus comme intrusifs et agressifs pour un adolescent.

Soyez attentive à cela, pour l’équilibre de votre fils et pour préserver la qualité des relations que vous avez avec lui.





Mère et fille : complices mais pas copines


Pour les mères très proches de leur fille, pour ne pas dire fusionnelles, deux situations sont classiques : soit le lien de complicité se renforce, soit il se brise. Et rompre un équilibre fusionnel demande d’autant plus d’énergie à une ado que le lien est fort. Face à cette crise, ou pour l’éviter, certains couples mère-fille se réfugient dans la fusion. Elles échangent confidences et vêtements, jouent d’une façon ambiguë sur leur ressemblance, partagent leur maquillage… Si vous êtes une maman fière d’être prise pour une copine ou une sœur, questionnez-vous un peu. Car votre fille a besoin d’une mère pour se construire, pas d’une grande sœur. Cela signifie qu’il faut pouvoir user de votre autorité quand elle en a besoin. Laissez-la avoir des secrets et se construire en dehors du noyau familial, laissez-la faire des erreurs si vous voulez en faire une adulte épanouie, responsable et sûre d’elle. En refusant cette liberté à leur fille, certaines mères les exposent à rester immatures et dépendantes « de maman » toute leur vie… Ou alors le « clash » libérateur – à l’initiative de l’enfant – surviendra plus tard et sera douloureux pour toutes les deux.

En revanche, une mère peut être complice de sa fille et construire une relation forte avec elle, sans l’étouffer ni l’empêcher d’avoir son jardin secret. C’est le cas lorsqu’il y a des passions communes dans une famille, par exemple. Dans ce cas, profitez de ces moments forts, mais sans perdre de vue votre rôle de parent, le lien qui vous unit à votre fille n’en sera que plus fort dans le futur.





Parents : Les points à retenir

Finalement, être parent d’un adolescent demande du temps, de l’énergie, de l’astuce, de la finesse, de la réactivité, de l’adaptation, de l’autocritique, de la fermeté, du bon sens, de la psychologie, de la discrétion, de la bienveillance, beaucoup de patience, du calme… et une bonne dose d’humour ! Soit à peu près la même chose que pour devenir adolescent puis adulte.

User de toutes ces qualités avec justesse et équilibre aidera votre ado à grandir bien dans sa peau, avec une saine confiance en lui, et à rester serein et lucide dans une société normative hyperindividualiste où la beauté est devenue un bien de consommation. Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?!





Une génération surconnectée




* * *





Qui n’a jamais entendu cette petite phrase dans la bouche de son ado : « Laisse tomber, tu peux pas comprendre » ? Cette remarque exaspérante n’a pourtant jamais été aussi vraie qu’aujourd’hui. Car les enfants évoluent dans un monde radicalement différent de celui de leurs parents : nés dans un siècle et un millénaire différents du nôtre, les bébés des années 2000 ont grandi avec le numérique, Internet et les réseaux sociaux. Alors effectivement, leur rapport à l’information et à l’image n’est pas du tout le même que celui de leurs parents. En fait, l’accès aux informations de masse sur Internet change totalement le rapport à la santé de la peau et à la beauté. Il faut pourtant comprendre les effets de ces évolutions technologiques si l’on veut savoir pourquoi les jeunes sont tellement obsédés par leur image et les soins portés à leur peau.





Des adolescents hyperconnectés


Au collège, ils sont déjà quasiment tous équipés d’un smartphone, et surfer sur Internet ou visionner des vidéos fait partie de leur quotidien. Scotchés à leur écran jusqu’à des heures tardives, nos jeunes sont connectés en permanence, ce qui a des conséquences dans la façon dont ils prennent leur santé en main, se perçoivent, cherchent et obtiennent des informations.

Parallèlement, ce sont aussi des enfants choyés, très désirés, gâtés par leurs parents et grands-parents, grandissant douillettement dans un pays capitaliste, et de moins en moins soumis à l’autorité du milieu scolaire ou familial. Ils sont bien mignons, mais avouons que nos ados sont des enfants rois ! Et lorsqu’on additionne leurs exigences avec les informations du Net, la pression d’une société où l’apparence est primordiale et la beauté un bien de consommation, le résultat est inquiétant.





Des adolescents hyperinformés


Wi-fi et suréquipement obligent, nos ados trouvent en quelques secondes des réponses à leurs questions sur la Toile. Ce qui a du bon lorsqu’il s’agit de problèmes banals ou, au contraire, de questions médicales rares. Cependant, les informations sont souvent superficielles, redondantes, copiées les unes sur les autres, et de sources parfois douteuses. Internet est une source d’informations rapide mais limitée. Et si l’on veut « creuser le sujet », il faut se tourner vers des sites universitaires anglophones ou dénicher des articles ou conférences « bruts » et assez techniques.

Par ailleurs, n’importe quelle question étant recevable pour les algorithmes des moteurs de recherche, des « non-problèmes » ou des variantes de la normale deviennent des « problèmes de peau » sur lesquels on trouve de nombreuses pages. De plus, toute problématique trouve quelque part sur la Toile un écho, ce qui peut entretenir et faire virer à l’obsession une question portant sur un détail.

Enfin, les ados consomment beaucoup de contenus Internet grand public ou de vidéos d’amateurs avec peu de discernement ou d’esprit critique. Et comme tous les jeunes, leur naïveté est doublée d’une appétence sans limite pour le sensationnel ! Voilà qui complique la tâche éducative des parents.





Des adolescents bombardés d’images retouchées


Bien qu’on leur ait appris à se méfier d’Internet, et bien qu’ils utilisent régulièrement des logiciels de retouche photo, les ados sont assez peu critiques vis-à-vis des images retouchées dont on les bombarde. Publicité, magazines, articles Internet et désormais photos postées sur les réseaux sociaux : la retouche et les montages sont omniprésents.

Si l’on ajoute à cela le contenu très sélectif et monomorphe des portraits (personnes jeunes, minces et souvent caucasiennes), il devient difficile de ne pas être influencé par ces pseudo-standards érigés par des professionnels de la communication.





Des adolescents accros aux réseaux sociaux


Si les réseaux sociaux changent avec les générations, le contenu reste globalement le même. On garde un œil sur les autres, on y parle de soi, on fait circuler du sensationnel ou de l’insolite, on y suit des modèles et des tendances. Cela peut être ludique, pratique et convivial, mais également addictif, anxiogène et… déprimant ! Difficile de se sentir bien face aux succès mis en scène par les autres, face aux corps parfaits exhibés par les gourous de la Toile… Et difficile de résister au matraquage publicitaire ciblé qui vous poursuit pendant des jours après vos innocentes recherches.





Des adolescents cibles d’un marketing féroce et précoce


Quand vous étiez jeune, les publicités de biens de consommation étaient principalement destinées aux adultes, uniques détenteurs de la carte bleue. Cette époque est révolue. Les adolescents sont désormais la cible d’un marketing très pointu. Les marques brouillent les écarts d’âge entre les générations grâce à la publicité (collections « mères-filles », « mini-moi », etc.) et au choix de mannequins, ambassadeurs ou leaders d’opinion de plus en plus jeunes. En créant chez les ados des besoins d’adulte, on en fait des consommateurs précoces et exigeants.





Des adolescents paradoxaux et peu critiques


Les jeunes d’aujourd’hui sont bourrés de paradoxes. Très informés, ils adhèrent pourtant facilement aux théories de complots et histoires de dissimulation. Méfiants à l’égard des médias conventionnels, ils se nourrissent de vidéos amateurs et de blogs. Baignés dans une société multiculturelle et mondialisée, ils rechignent à consulter des sites étrangers sans logiciel de traduction. Par nature curieux et aventuriers, ils préfèrent le confort de leur lit et d’un écran pour explorer le monde. « Animaux » sociaux ayant besoin du groupe par définition, ils délaissent leur bande d’amis pour communiquer avec des inconnus sur des forums. Traditionnellement contestataires et opposants, ils se sentent très à l’aise dans la société dans laquelle ils vivent et le confort de leur foyer. Vifs et débordants d’énergie, ils peuvent passer des heures en état végétatif devant un écran. Sensibilisés aux questions d’écologie, ils consomment malgré tout des quantités énormes de cosmétiques, maquillages et accessoires…

Il découle de tout cela que lorsqu’on reçoit un jeune en consultation, en particulier une fille, on se heurte parfois à des exigences peu réalistes (se débarrasser de « tous les points noirs » ou de « tous les poils »…), une impatience marquée, une lassitude rapide si les résultats se font attendre…

En fin de compte, nos jeunes patients sont très influencés par la culture numérique de masse, ce qui complique le travail d’information fait en consultation et les expose à de la frustration lorsque leurs exigences ne peuvent pas être satisfaites.





Les réseaux sociaux : entre convivialité et anxiété


Les réseaux sociaux sont à la fois un formidable espace de communication et un poison pour le moral des adolescents. Plusieurs études montrent, d’ailleurs, que le risque de dépression ou d’anxiété est corrélé au temps passé sur les réseaux sociaux. À l’âge où l’on construit sa personnalité, sa confiance en soi et où l’on se questionne quotidiennement sur sa « normalité », les réseaux sociaux peuvent s’avérer toxiques pour les adolescents les plus fragiles.

Ils peuvent, en effet, être fascinés par certains exemples de perfection physique à atteindre, incités à suivre des tendances contre-nature (comme la mode du thigh gap, ou creux entre la face interne des cuisses), se sentir isolés avec leurs imperfections ou, au contraire, encouragés à s’y focaliser via les forums de discussions thématiques. L’exemple des sites « pro-ana » est affligeant et dangereux. Il ne s’agit pas de sites anarchistes… mais de contenus « pro-anorexie » encourageant les jeunes filles à cultiver leur maigreur au-delà de toutes limites. Même si pour certains chercheurs la mise en ligne de ces photos pourrait avoir un effet choc et dissuasif pour les jeunes filles tentées de maigrir, il est difficile de savoir comment réagirait votre propre fille face à ces contenus.

Pour cette raison, je conseille aux parents d’un ado mal dans sa peau de limiter le temps passé sur les réseaux sociaux, sur Internet en général, et de vérifier quel usage il en fait.





Selfies : leur apprendre à ne pas en abuser


Si le mode selfie est une fonction ludique que nous utilisons tous occasionnellement, son utilisation prédominante engendre un certain nombre de problèmes chez l’adolescent, voire l’adulte.

Le premier est d’inciter l’utilisateur à s’autocentrer. Or, pour développer ses compétences sociales (écoute, attention, empathie, altruisme, patience, humilité…), un jeune a besoin d’interagir avec son groupe. Dans les moments de complicité avec ses amis, ou lors d’expériences vécues en groupe, se tourner vers les autres pour immortaliser l’instant apporte plus que de se photographier soi-même au milieu des autres. Les ados étant déjà souvent traités comme des princes à la maison, il vaut mieux ne pas encourager cette tendance très narcissique. En effet, se considérer comme le centre d’intérêt principal au cours des événements du quotidien n’est pas compatible avec l’attitude qu’un jeune doit acquérir quand il s’insère dans le milieu du travail, à commencer par les stages.

Le deuxième problème est de limiter la curiosité que votre ado va développer pour ce qui l’entoure : si son principal souci est d’éviter le contre-jour pour son selfie, il risque de passer à côté de la beauté d’un monument lors des visites en vacances et de beaucoup d’autres choses et personnes… Au contraire, suscitez son intérêt, faites-lui observer les détails, les couleurs, les paysages et les gens. Et s’il aime prendre des photos, confiez-lui la mission d’en réaliser des belles, de trouver des plans insolites, de photographier les autres plutôt que lui. Avec ses amis également, il peut adopter cette attitude, ses souvenirs du moment passé n’en seront que meilleurs.

Le troisième souci est de s’exposer constamment au regard des autres et à leur jugement. Forcément, lorsqu’un jeune poste sur les réseaux sociaux des photos de lui, il en attend un retour. Si celui-ci est positif, cela se fera sous forme de commentaires et appréciations par le biais d’émoticônes. Des « like » et des avis : c’est exactement ce que nous regardons avant d’acheter un objet sur des sites marchands. Autrement dit, sans s’en rendre compte, l’ado qui met régulièrement des photos de lui en ligne incite les autres à le traiter comme une marchandise. Pis, ces photos déclenchent souvent des commentaires et appréciations sur le physique. On voit ainsi fleurir sur Facebook, sous les photos, des flatteries telles que : « superbe », « magnifique », « trop belle », « beau gosse », etc. Cela ressemble étrangement à une fable de La Fontaine… Or, le jeune qui attend avec impatience ces commentaires reçoit inconsciemment plusieurs messages : on le juge constamment sur son physique mais le décor ou les circonstances de prise de ses photos n’intéressent personne. De plus, un nombre insuffisant de réactions peut le décevoir.

Le dernier problème suscité par les selfies et le principal est celui qui débouche sur l’angoisse et l’insatisfaction que les jeunes patients expriment en consultation : compte tenu de la résolution des objectifs actuels, un selfie pris à bout de bras met en valeur tous les petits défauts du visage, surtout si l’on s’amuse à zoomer sur l’image. Faites le test : un selfie pris le bras tendu, puis admirez-vous et zoomez. Trouvez-vous le cliché satisfaisant ? Alors comment voulez-vous qu’un ado qui s’expose massivement au jugement des autres reste serein ? Se prendre en photo régulièrement implique de se juger et de se faire juger régulièrement sur des critères physiques, de se comparer aux autres ou d’avoir recours à des logiciels de retouche avant de publier les photos. C’est une pression constante, au minimum déprimante, au pire angoissante pour un adolescent.

Pour toutes ces raisons, je pense que l’usage du mode selfie doit être modéré, et rester ludique et décalé, afin de préserver votre ado de la pression sur l’apparence et la popularité qui accompagnent toute mise en scène de sa propre vie sur les réseaux sociaux.





Tous des followers ?


Internet et les réseaux sociaux permettent de suivre des tendances ou des gens. Présenté ainsi, c’est pratique et intéressant : s’abonner à un fil d’actualité fait de vous ou de votre enfant un follower (du verbe anglais to follow, « suivre »). Bien sûr, on parle là de suivre un « leader d’opinions », et il est passionnant de pouvoir s’abonner à des fils d’actualité très pointus (scientifiques, économiques, culinaires…). Mais pour la plupart des jeunes utilisateurs, la réalité est un peu plus terre à terre : les filles suivent des bloggeuses « mode » ou « beauté », les garçons regardent des YouTubeurs plus ou moins comiques ou des vidéos insolites (gags, accidents…).

Finalement, lorsqu’on regarde les choses avec lucidité, nos jeunes sont majoritairement des followers, soit l’exact contraire du terme leader. Nul besoin d’être bilingue pour comprendre ce que cela veut dire. À moins qu’ils n’utilisent les fils d’actualité dans des domaines très spécifiques, nos ados sont en train de devenir grégaires… Ils suivent la tendance vue sur un blog… dont le modèle économique repose sur la publicité ou le placement de produits. Les voilà qui écoutent sans discernement n’importe qui alors qu’on leur a toujours répété de ne pas se fier aux inconnus, et encore moins de les suivre !

Expliquez cela à vos enfants. Montrez-leur les possibilités infinies de s’informer et de satisfaire leur curiosité ou leur besoin de sensationnel sur Internet. Mais mettez-les en garde contre l’abrutissement massif qui guette les jeunes les plus passifs et les moins critiques lorsqu’ils sont devant leur écran.





Lui apprendre à être critique… mais pas méfiant


Cela devrait être l’une des priorités des parents d’aujourd’hui : apprendre à nos enfants à user de leur esprit critique face au contenu des médias numériques et des mass media en général. Or, la tendance actuelle chez les jeunes est d’être méfiants, ce qui n’est pas la même chose. Pour caricaturer, ils peuvent d’un côté voir des complots partout, et de l’autre se laisser lobotomiser par une émission de téléréalité ou un match de foot !

Creuser ces questions sociétales n’est pas le propos de cet ouvrage, mais il faut bien comprendre qu’un adolescent non critique vis-à-vis des médias est une excellente cible pour la publicité et un spectateur fragile et influençable de la vanité humaine. Ainsi, concrètement, filles et garçons sont encouragés à se préoccuper principalement de leur apparence. Or, si l’on ne comprend pas par quels biais on subit cette influence, l’insatisfaction de son corps ou de sa peau et la frustration de ne pouvoir ressembler à des modèles virtuels (une image de personnalité est toujours soigneusement travaillée) deviennent permanentes.

Il faut donc éduquer nos jeunes afin qu’ils développent leur esprit critique d’une façon constructive, leur assurant une certaine indépendance intellectuelle pour toute la vie.





Comment l’aider à se déconnecter de temps en temps


Finalement, nous sommes tous d’accord pour dire que nos ados gagneraient à passer moins de temps devant les écrans. Mais concrètement comment faire pour les en décoller ?

Sans avoir besoin de vous offrir un manuel de psychologie, ni aller à l’affrontement avec votre ado, voici quelques pistes à creuser :

Évitez pour un jeune ado les forfaits de téléphonie mobile qui lui permettent d’utiliser Internet longtemps.



Posez des règles d’utilisation des écrans claires : à telle heure ou à tel endroit, on arrête. N’y dérogez pas, sinon vous verrez à quel point votre ado est un négociateur habile et acharné. À croire qu’il est fait pour le négoce !



Désactivez parfois « malencontreusement » le wi-fi. Cette petite panne peut inciter un ado à mettre le nez dehors.



Proposez-lui régulièrement des activités à l’extérieur de la maison pour lui offrir une alternative ludique (et pas forcément coûteuse) aux écrans : tournoi de ping-pong, razzia de BD à la bibliothèque, atelier DIY avec des copines, sortie avec des amis… Présenté comme cela, c’est un peu ringard. Mais n’oubliez pas qu’un ado recherche surtout de la liberté et de l’autonomie. Tout ce qui va dans ce sens et le sort de la maison sera apprécié s’il y gagne en indépendance. À vous de trouver ce qui amuse le vôtre, quitte à lui offrir un peu de matériel pour s’adonner à ses passions sportives ou créatives. Les miens adorent aller jouer au basket ou lire des mangas à la bibliothèque quand les écrans sont hors service.



Faites passer le message aux grands-parents pour les vacances : les mêmes règles s’appliquent, surtout si papy et mamie veulent profiter de moments complices avec leurs descendants.



Incitez votre enfant à laisser son téléphone à la maison parfois : quand il va faire du sport, quand elle dort chez une copine… Voyez à quel moment il veut ne pas être « traçable » ni joignable. Insistez sur la confiance que vous avez en lui, évidemment.



Enseignez-lui les vertus du mode avion : rester injoignable, ça a parfois du bon !



Quand vous partez à l’étranger en famille, les téléphones des enfants peuvent rester à la maison, officiellement afin d’éviter les pertes et accidents. Cela leur apprend à s’occuper autrement que sur un écran et les incitera à être plus attentifs à leur environnement.





Parents : Les points à retenir

Le développement frénétique des réseaux sociaux et l’usage immodéré d’Internet ont des conséquences directes sur la perception que les jeunes ont d’eux-mêmes. Si certains se mettent en scène et collectionnent les éloges numériques, les autres tentent de les imiter ou se sentent déprimés de ne pas être dans une certaine « conformité ». Encore psychologiquement fragiles, vulnérables, et parfois un peu naïfs, les ados ont tendance à suivre sans discernement les tendances et suggestions commerciales qui flattent leur narcissisme.

Face à ce matraquage d’informations de masse et face aux injonctions à « être beau », les parents doivent éduquer leurs ados : leur apprendre la critique et les inciter à un usage modéré d’Internet et des réseaux sociaux les aidera à mieux vivre en tant qu’adultes dans une société de l’image et de la consommation.





L’hygiène de base




* * *





Ça y est : Clara passe 3 heures dans la salle de bains, et Oscar s’y verrouille à double tour. Mais êtes-vous bien sûre qu’ils y fassent correctement leur toilette ?





Pourquoi tant de temps passé dans la salle de bains ?


L’occupation de la salle de bains cristallise souvent les tensions lorsqu’on cohabite avec un ado. Fille ou garçon, on dirait qu’ils font exprès d’y passer des heures. Certes, ils pourraient se soucier un peu plus des autres habitants de la maisonnée… mais il faut comprendre qu’ils ont réellement besoin de se concentrer sur leur reflet dans un recoin préservé.

Pendant cette période de forte croissance, les adolescents changent physiquement à toute vitesse : visage, corps, stature… Ils sont différents d’un mois à l’autre, comme le font souvent remarquer les grands-parents. Pour se reconnaître et s’habituer à sa nouvelle apparence, l’ado passe des heures à se scruter, sous toutes les coutures. Il se peut également qu’il soit préoccupé par un détail angoissant : points noirs, forme du nez, vergetures… N’importe quelle partie de son corps peut l’obséder et le stresser.

Par ailleurs, les ados profitent également de cet espace de calme pour expérimenter de nouvelles coiffures, tenues, ou du maquillage… Bref, ils prennent le temps de découvrir comment se mettre en valeur ou séduire, sans se douter que cela gêne tout le monde.

Avez-vous noté que dès que votre fils passe devant un miroir ou une vitre, il s’y regarde systématiquement ? Faites-le lui remarquer gentiment : il peut le nier en toute bonne foi car il n’en a pas forcément conscience !

Enfin, n’oubliez pas que la salle de bains est souvent le seul endroit de la maison où le jeune peut s’enfermer sans crainte d’être dérangé. Il peut donc aussi profiter de cet espace sécurisé pour cultiver ses petits secrets sur son téléphone : Internet, vidéos, messagerie instantanée… peuvent l’occuper pendant des heures. Essayez donc de désactiver le wi-fi à ce moment-là, vous verrez de quoi je parle !





Comment survivre avec un ado qui privatise tous les jours la salle de bains ?


Faire preuve de compréhension c’est bien, mais comment faire quand on est cinq à partager la même salle de bains ? Là, pas le choix : il faut instaurer des règles. À vous de fixer les limites en fonction de vos contraintes : mise en route du minuteur sur le téléphone, établissement de l’ordre d’accès au lavabo, interdiction du téléphone portable aux toilettes… tout en lui expliquant les fondements de ces nouvelles règles, car un ado a du mal à suivre une réglementation qu’il ne comprend pas ou trouve injuste.

Mais vous pouvez aussi trouver des compromis qui permettent à votre enfant de profiter de la salle de bains sans gêner la fratrie. Il appréciera que vous teniez compte de ses besoins. S’il aime passer des heures sous la douche, il peut être le dernier à la prendre et finir l’eau. Si elle a besoin de temps pour s’épiler, les petits frères et sœurs peuvent se brosser les dents ailleurs à cette occasion, ce n’est pas bien grave. N’oubliez pas que votre ado ne fait pas exprès de vous embêter : ces petits aménagements et cette preuve de bonne volonté de votre part peuvent limiter les tensions entre parents et enfants.

Une dernière solution consiste à lui offrir un grand miroir pour sa chambre ou une coiffeuse pour les accessoires de produits de beauté.





À partir de quel âge doivent-ils se laver le visage ?


Si, dans l’enfance, un simple rinçage de la frimousse suffisait, tout change avec le démarrage de la sécrétion de sébum par la peau. Il va donc falloir donner quelques consignes. Le nettoyage du visage doit démarrer dès l’apparition des premiers points noirs ou petits boutons du front. Cela correspond environ à l’âge de 11 ou 12 ans. Autant dire qu’au collège, ce geste doit être acquis par votre jeune.

La présence de quelques points noirs sur le nez d’un enfant (dès 9 ans) ne doit pas vous inquiéter en revanche, le visage restant sec et sensible par ailleurs. Le but du nettoyage est de débarrasser la peau des petites saletés qui s’y accumulent et bouchent les pores : cellules mortes, sébum, sueur, poussière, pollution…





Qu’acheter à son fils pour la toilette du visage ?


Pour les garçons, seul un gel moussant trouvera grâce à ses yeux. Pratique et rapide à utiliser sous la douche, il doit si possible avoir une odeur fraîche et bien mousser pour que votre fils ait envie de l’utiliser. Il vaut mieux choisir un gel nettoyant pour le visage plutôt qu’un gel douche « corps entier », qui est assez décapant et risque d’assécher le visage, surtout si un traitement anti-acné est en cours.

Si votre ado a beaucoup de points noirs, un gel avec des microbilles exfoliantes (face scrub) peut être utilisé tous les jours ou de temps en temps pour un nettoyage plus profond. On en trouve en grande surface et en parapharmacie.





Qu’acheter à sa fille pour la toilette du visage ?


Un gel nettoyant moussant doux pour le visage aura toujours sa place dans la trousse de toilette de votre fille. Mais si elle se maquille, il lui faudra d’autres produits complémentaires. Une eau micellaire ou un lait de toilette sans rinçage sont très pratiques pour se démaquiller ou faire un débarbouillage rapide le matin. Veillez à ce qu’ils portent la mention « yeux et bouche » sur l’emballage de façon à être utilisés pour retirer mascara et gloss.

Si elle a besoin d’eau pour se sentir propre, vous pouvez lui acheter un brumisateur d’eau thermale ou une eau de soin (eau florale, lotion tonique…) pour compléter sa toilette, mais il vaut mieux limiter le nombre de produits utilisés pour ne pas irriter la peau.





Le bon geste pour se nettoyer le visage au coton

Pour se nettoyer ou se démaquiller avec une lotion micellaire ou un lait, un impératif : répéter le geste jusqu’à ce que le coton soit propre ! Il faut donc utiliser plusieurs cotons et repasser plusieurs fois au même endroit. Inutile de frotter : en passant lentement le coton, le produit nettoyant va absorber toutes les petites saletés. La plupart de ces produits ne nécessitent pas de rinçage (à vérifier sur l’emballage), toutefois, pour compléter sa toilette et se sentir propre, on peut terminer par une brumisation d’eau thermale ou un dernier passage au coton avec une lotion tonique.





Lotion démaquillante, lait ou gel moussant ?


Cette question se pose surtout pour les filles. Pour la toilette du soir, qu’elle se maquille ou non, un nettoyage au gel moussant est préférable. C’est le geste le plus efficace, il permet de débarrasser la peau des impuretés en profondeur et élimine toutes les saletés accumulées en milieu urbain. C’est donc un geste à privilégier sur les peaux mixtes, grasses ou acnéiques des adolescentes.

Toutefois, pour démaquiller les yeux et la bouche, ou pour une toilette rapide le matin, une eau micellaire suffit. Sur les peaux à tendance acnéique, il faut privilégier les textures fluides : une eau démaquillante est donc préférable à un lait ou une huile démaquillante.





Doivent-ils mettre une crème après la toilette ?


Oui ! Il faut tordre le cou aux idées reçues : lorsqu’on a la peau grasse, il est fréquent de rechigner à mettre une crème après la toilette. En effet, les sensations de sécheresse et de pureté provoquées par la toilette sont agréables, et il est fréquent de penser que l’application d’une crème va graisser la peau et boucher les pores.

Or, c’est l’inverse qui se produit. Si la peau est asséchée par la toilette, elle va graisser en réponse à ce changement d’état : la sécrétion de sébum s’active afin de reconstituer le film gras de protection à la surface de la peau. Ne pas mettre de crème après la toilette revient à activer la sécrétion compensatrice de sébum. Pour éviter d’aggraver le problème de peau grasse et luisante, il est donc important de mettre une crème après la toilette. En revanche, veillez à bien choisir un soin fluide et léger, non comédogène.





Le bon geste pour appliquer sa crème

C’est évident pour vous mais pas forcément pour eux. Pour bien appliquer une crème sur le visage, et en tirer tous les bénéfices, voici les bons gestes :

• Se laver les mains.

• Prélever une petite noisette de crème à répartir sur le visage entier.

• Refermer le tube (ça évite la dégradation du produit au contact de l’air et des bactéries).

• Masser 30 secondes pour bien faire pénétrer le produit.

• Se rincer les mains (ça évite de se frotter les yeux avec son soin anti-acné…).

Et c’est tout ! ll faut laisser la crème agir et ne pas se laver le visage juste après.





La douche : matin ou soir ?


La question paraît un peu triviale, mais pour celles et ceux qui se posent la question, alors il vaut mieux se doucher le soir. En effet, après une longue journée de cours, de sport ou de loisirs, les jeunes ont souvent bien transpiré, se sont sali les mains et le visage et ont besoin d’aérer leurs chaussures… Pour des raisons d’hygiène de la tête aux pieds, il est souhaitable qu’un adolescent passe sous la douche en fin de journée, en prenant le temps de bien se nettoyer le visage.

Ce rituel peut également être une transition pour l’aider à se glisser au lit s’il a du mal à s’endormir ou à se détacher de l’ordinateur.

S’il préfère la douche du matin pour se réveiller, ce n’est pas dramatique, mais il est souhaitable qu’il se lave le visage le soir afin de débarrasser sa peau du sébum et des cellules mortes.





Il ne se douche pas tous les jours, c’est grave ?


S’il oublie de temps en temps de faire sa toilette, n’en faites pas toute une histoire, il finira bien par se rendre compte que son odeur ou ses cheveux sales gênent ses camarades de classe ! Finalement, zapper la douche a plus de conséquences sur sa vie sociale que sur sa santé. En revanche, il faut insister pour qu’il se brosse les dents après les repas : ce geste étant fait au moment de la toilette, votre enfant peut l’oublier si sa routine est modifiée.





Parents : les points à retenir

En devenant adolescent, votre enfant doit apprendre les règles de base de l’hygiène corporelle : douche régulière, toilette efficace du visage, application de soins traitants… Il doit aussi apprendre à composer avec les autres : ne pas monopoliser la salle de bains, être propre pour aller en classe ou dîner en famille… Les parents, quant à eux, doivent trouver le juste milieu entre indulgence et fermeté !





L’acné




* * *





L’acné est une maladie de peau banale à l’adolescence, puisqu’elle concerne 80 % des jeunes de 11 à 20 ans. Mais pas question pour autant de banaliser la situation : elle peut en effet affecter profondément le moral des jeunes et laisser des marques durables sur la peau.





Comprendre l’acné


La peau contient des glandes sébacées qui produisent le sébum, un liquide gras qui protège la surface de la peau. L’hypersécrétion hormonale de la puberté active ces glandes. Il en résulte une abondante production de sébum, une inflammation des glandes sébacées, et une obstruction mécanique de leur canal excréteur. Résultat : la peau devient grasse, le visage, le dos et la poitrine présentent des gros boutons rouges, des boutons blancs, des points noirs et des kystes de taille variable. Le cuir chevelu peut également être touché par l’acné.





Différentes formes d’acné


Selon l’aspect des boutons, on distingue différentes formes d’acné. Comprendre cela a un double intérêt : faire les bons choix en parapharmacie (car les soins ne ciblent pas tous les mêmes boutons) et comprendre les traitements médicamenteux possibles si votre ado doit consulter en dermatologie. On distingue ainsi :

L’acné rétentionnelle, dans laquelle les boutons sont surtout des points noirs, des pores dilatés, des points blancs et des microkystes. Ces lésions sont dues à une accumulation de déchets dans le canal excréteur des glandes sébacées. Pour traiter cette « tuyauterie » bouchée, des soins exfoliants et gommants sont nécessaires. Tout ce qui va absorber le sébum et désincruster les pores est le bienvenu.





Mon conseil : Utiliser 2 à 3 fois par semaine un masque à l’argile verte ou au charbon végétal. Laisser agir 10 minutes, puis rincer en massant. Faire suivre d’un soin aux acides de fruits.

Ma sélection : Pure Active Intensive 3 en 1 Nettoyant anti-points noirs incrustés® (Garnier), Argile verte prête à l’emploi (Cattier), Keracnyl® Masque triple action (Ducray).





L’astuce

Pour les garçons qui ont beaucoup de points noirs et qui commencent à se raser, se laver le visage tous les jours avec un gel moussant contenant des microbilles (face scrub) agira sur le grain de peau et facilitera le rasage (surtout en cas de boutons de la barbe ou de poils incarnés).

Ma sélection : Sébium Gel gommant® (Bioderma), Pure Active Gel désincrustant anti-points noirs® (Garnier), Crème nettoyante exfoliante (Melvita).





L’acné inflammatoire, faite de gros boutons rouges, douloureux et longs à disparaître, voire de kystes. Cette acné risque de laisser des cicatrices, et il faut donc la traiter avec plus d’agressivité. On a recours aux antibiotiques, à des soins anti-inflammatoires locaux, voire à de l’isotrétinoïne pour traiter ces lésions.





Mon conseil : Achetez à votre ado un soin contenant du peroxyde de benzoyle en pharmacie. Si la situation ne s’améliore pas après 2 mois de traitement quotidien, ne tardez pas à consulter, car ce type d’acné nécessite souvent des traitements forts.

L’acné mixte, faite à la fois de lésions rétentionnelles et de lésions inflammatoires. Elle se traite en combinant deux types de traitements (exfoliants et anti-inflammatoires).





Mon conseil : Si votre ado a des boutons de ce type, démarrez rapidement un traitement à la maison sans attendre que la situation empire. Achetez un soin anti-acné portant la mention « global », « duo » ou « trio », ce qui signifie qu’il agit à tous les niveaux et sur toutes les lésions. Pour une meilleure efficacité, il faut appliquer ces soins sur le visage en entier (pas que sur les boutons) matin et soir.

Ma sélection : Phys-Ac Global® (A-Derma), Sébium Global® (Bioderma), TriAcnéal Expert® (Avène), Sébionex Trio® (laboratoire ACM).





Des différences entre filles et garçons


Si, dans les deux cas, l’acné peut être très discrète ou au contraire envahissante, il existe cependant des différences qui méritent d’être signalées.

Chez les filles, les boutons apparaissent plus précocement, dès 12 ans (ou parfois plus tôt, sous forme de petits boutons granuleux sur le front). Les jeunes filles ont tendance à manipuler leurs boutons et à opter très tôt pour du camouflage par le maquillage. Elles sont également de grandes consommatrices de conseils en tout genre sur Internet.

Chez les garçons, l’acné s’installe plutôt vers 14 ans, parfois dès 13 ans. Les boutons, initialement sous forme de gros points noirs, deviennent ensuite inflammatoires. Cette acné tend à toucher le dos et à se prolonger jusqu’à 18-20 ans. Les garçons sont moins informés que les filles en matière de soin de la peau, il faut donc leur expliquer en détail comment utiliser des crèmes anti-acné. Et pour eux, plus le protocole de soins sera simple, mieux il sera suivi : pas question de multiplier les produits… ni de leur demander de se nettoyer le visage avec une lotion !





L’acné sur les peaux mates ou sombres


Avoir des boutons sur une peau qui bronze facilement pose le problème spécifique des taches pigmentaires post-boutons. Autrement dit : chaque bouton rouge peut laisser une marque brune pendant plusieurs mois. Chez ces jeunes, le traitement de l’acné doit être précoce et suffisamment efficace afin d’éviter cette « pigmentation post-inflammatoire ». Le soleil sera également à éviter sur ces peaux, car il risque de faire bronzer et d’incruster les taches.

Si votre ado a des boutons et une peau mate ou sombre, ne traînez pas pour le traiter ou l’envoyer en consultation de dermatologie.





Comment se nettoyer le visage ?


Purifier sa peau, éliminer l’excès de sébum et les cellules mortes est primordial dans l’acné. Le nettoyage du visage doit être quotidien, de préférence le soir, et être suivi de l’application des soins anti-boutons. Votre ado est d’accord pour prendre soin de sa peau ? Voici les bons gestes à lui enseigner.





LE CHOIX DU PRODUIT NETTOYANT


Les gels moussants : Il est indispensable que votre enfant en utilise un tous les soirs. Pour les filles, ces gels permettent un démaquillage efficace du visage ; pour les garçons, le geste est rapide, efficace, et reste « masculin ». Je recommande le choix d’un produit issu d’une gamme spécifique pour peaux à problèmes (plutôt qu’un gel douche pour le corps) car ces nettoyants contiennent des actifs traitants, tout en étant compatibles avec d’autres soins locaux anti-acné.

Les gels avec microbilles (face scrub) : Ils permettent un gommage couplé au nettoyage. C’est très efficace sur les peaux épaisses ou avec des points noirs et pores dilatés. Mais cela peut s’avérer irritant sur une peau sensible ou traitée par des crèmes irritantes. Ces gels exfoliants sont à utiliser à une fréquence qui n’irrite pas la peau : cela peut être quotidiennement ou 1 à 2 fois par semaine seulement.





L’astuce

Les scrubs conviennent mieux aux peaux grasses des garçons et font merveille si ces derniers ont des poils de barbe incarnés !





La lotion ou le lait démaquillant : C’est un choix qui ne conviendra pas aux garçons, ni aux peaux très grasses. La lotion ou le lait démaquillent, certes, mais ils offrent peu de nettoyage en profondeur et une moins bonne sensation de propreté après la toilette.

Ces produits sont nécessaires pour démaquiller les yeux et les lèvres, mais ils ne conviennent pas pour nettoyer correctement la peau acnéique des ados.

Les huiles démaquillantes : Elles offrent une expérience amusante lors du nettoyage, mais ce sont des produits gras qui risquent d’aggraver l’acné par leur côté occlusif. À éviter donc.

Les pâtes, mousses et autres innovations : Très prisés des jeunes filles, ces soins nettoyants ne sont pas toujours adaptés aux peaux acnéiques ou sous traitement dermatologique. Mieux vaut les éviter pour la toilette quotidienne du visage. Mais rien n’empêche votre jeune experte beauté d’utiliser des nettoyants originaux sur le reste du corps si elle veut tester des nouveautés.





Peut-elle se maquiller si elle a des boutons ?


Elle insiste, mais vous craignez qu’elle aggrave son acné, et vous n’avez pas tort ! Néanmoins, le maquillage des peaux acnéiques est possible avec quelques précautions. Et le moral de votre fille s’améliorera si elle peut camoufler ses boutons.

J’insiste sur le fait qu’il faut parallèlement traiter l’acné, au minimum avec un soin quotidien acheté en parapharmacie. Le maquillage des peaux jeunes acnéiques doit obéir à quelques règles simples si on ne veut pas aggraver le problème :

utiliser une base de maquillage matifiante et régulant la production de sébum (en parapharmacie) ;



utiliser un stylo correcteur ou un anticerne directement sur les boutons pour les camoufler ;



utiliser un fond de teint fluide et discret (effet peau nue) ;



utiliser une poudre libre si besoin par-dessus.





Et c’est tout ! L’objectif du maquillage est de camoufler les boutons, mais il doit rester adapté à l’âge de la jeune fille et au contexte (le collège ou le lycée). Pas question donc d’en faire trop !





Make-up et boutons : 3 erreurs à ne pas commettre

1. Utiliser un maquillage très épais pour mieux camoufler

Surtout pas, cela risque de boucher les pores et d’aggraver les boutons. Le fond de teint ou la BB crème doivent être fluides et légers. Il faut également éviter d’en remettre dans la journée ou de superposer les couches de poudre.



2. Voler le maquillage de sa mère

Non ! À chaque âge son style, et à chaque peau ses textures. On ne se maquille pas à 15 ans comme à 45…



3. Zapper le démaquillage

Quelles que soient l’heure ou la fatigue, il faut bien nettoyer sa peau le soir, sinon gare aux boutons le lendemain ! Se coucher avec une peau non démaquillée, c’est laisser les pores se boucher avec le maquillage, le sébum, la poussière et la pollution de toute la journée. Ainsi étouffé, l’épiderme ne peut pas se régénérer correctement, et le problème d’acné et de peau grasse va s’aggraver.





Quand faut-il consulter un dermatologue ?


L’acné est parfois considérée comme un passage obligatoire de l’adolescence du point de vue des adultes. Or, cette maladie de peau (que votre enfant n’a pas choisie, rappelons-le) peut nécessiter une prise en charge en dermatologie. Voici dans quelles situations consulter un dermatologue.

Les traitements de parapharmacie ne marchent plus. Cela signifie qu’il est temps de passer à des traitements plus forts, sur prescription.



L’acné laisse des marques. Marques rouges, brunes ou cicatrices en creux, il ne faut pas les laisser se développer, car ces traces ne sont pas toujours faciles à traiter. Mieux vaut prévenir et instaurer un traitement suffisamment efficace pour éviter à votre enfant des marques à vie.



Le traitement prescrit (par le généraliste ou un dermatologue) ne marche pas après 3 mois d’utilisation correcte. Inutile d’attendre plus, il faut changer de médicament. Idéalement, il est préférable de faire un suivi chez le même médecin, sans se désespérer des tâtonnements fréquents avant de trouver le médicament actif. Cela dit, si le contact ne passe pas entre votre ado et le dermatologue, il est légitime de consulter ailleurs !



Votre enfant est très déprimé par son acné. Ne sous-estimez pas l’impact de celle-ci sur le moral d’un jeune. Si votre enfant vit mal avec ses boutons, même peu nombreux, un traitement médicamenteux est justifié.





Il n’accroche pas avec sa dermato, faut-il en changer ?

Sans céder aux caprices de votre ado, la question mérite parfois d’être posée ! L’acné dure plusieurs années et nécessite une bonne participation du jeune patient, alors autant que la communication soit efficace avec le prescripteur.

Je trouve justifié le changement de médecin dans les cas suivants :

• Le médecin bâcle systématiquement la consultation. Votre médecin n’est pas une machine : il peut être en retard une fois, fatigué une autre fois, mais il ne doit pas « expédier » toutes ses consultations avec votre enfant. Si le dialogue ne s’établit pas ou si le médecin ne fournit pas les explications nécessaires au bon suivi du traitement, c’est que cet interlocuteur n’est pas le bon.

• Votre enfant n’est pas à l’aise en présence du médecin. Et oui, ça arrive ! ge du praticien, homme ou femme, qualité de l’accueil… Un jeune n’a pas toujours la capacité d’analyse pour vous expliquer ce qui le rebute. Ne le forcez pas ; une relation de confiance entre lui et son dermato est nécessaire pour qu’il se prenne en main et gère seul ses soins.

• Le médecin ne tient pas compte de la sévérité de l’acné ou de son impact sur le quotidien de l’adolescent pour adapter le traitement. Cette situation ne devrait pas arriver, mais elle est encore malheureusement fréquente. Il ne s’agit pas de céder aux exigences du « zéro bouton » d’un jeune, ce ne serait pas réaliste, mais si l’acné n’est vraiment pas contrôlée, et que votre enfant en souffre, alors un second avis est souhaitable !





Comment traiter une acné débutante ?


Lorsque de petits boutons commencent à apparaître, même de façon intermittente, un traitement est justifié. Pour cette première phase de soins, les produits de parapharmacie sont généralement suffisants. Le choix du bon produit passe par l’analyse du type de boutons, comme cela est décrit plus haut (voir Différentes formes d’acné p. 36).

Pour traiter les acnés rétentionnelles :





Boréade LP® (Noviderm), Effaclar K® (La Roche-Posay), Sébium AKN® (Bioderma), Hyséac K18® (Uriage).

Pour traiter les acnés inflammatoires :





Effaclar A.I.® (La Roche-Posay), Keracnyl PP® (Ducray), Sébium AI® (Bioderma), Curaspot® gel (Galderma).

Pour traiter les acnés mixtes :





TriAcnéal Expert® (Avène), Sébiaclear Active® (SVR), Phys-AC Global® (A-Derma), Effaclar Duo+® (La Roche-Posay).

Cette liste n’est pas exhaustive, et de nouveaux produits sortent régulièrement. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacienne.





L’astuce

Vous êtes perdu(e) dans les cosmétiques et les soins de la peau ? Retrouvez tous mes conseils et astuces sur www.monsitebeaute.com.





APPLIQUER UN SOIN ANTI-ACNÉ


Pour tirer un maximum de bénéfices des soins anti-acné, je recommande de les appliquer :

sur une peau préalablement nettoyée ;



sur toute la zone acnéique (pas uniquement sur les boutons) ;



matin et soir si possible (en cas d’irritation, on peut toutefois se contenter de 1 soir sur 2) ;



en massant pour bien faire pénétrer la crème ;



sans rincer la crème.





Par ailleurs, il est important de ne pas changer de marque tout le temps. Un soin met plusieurs semaines à être pleinement actif, laissez-lui le temps d’agir ! Mais il est possible d’associer 2 soins de marques différentes pour une meilleure efficacité : un le matin, l’autre le soir. Attention, ce mélange majore aussi le risque d’irritations. À éviter sur les peaux sensibles.

Précisez si besoin à votre fils que les soins s’appliquent après la douche (pas avant !).





Prenez le temps de lui expliquer

Appliquer une crème est un geste qui vous paraît évident mais ne l’est pas forcément pour votre ado, en particulier un garçon. Expliquez-lui comment s’applique une crème, son traitement fonctionnera bien mieux s’il fait les bons gestes !





Comment traiter une acné plus sévère ?


Une acné sévère correspond à plusieurs situations. C’est une acné qui laisse des cicatrices, ou qui est très profuse, ou kystique, ou très étendue, ou qui résiste au traitement prescrit. Dans ces cas, inutile de perdre du temps à la parapharmacie, c’est chez le dermato que cela se passe. Pour une action plus efficace, rapide ou plus étendue, on dispose de plusieurs médicaments :

des antibiotiques locaux en gels (érythromycine, clindamycine) ;



des dérivés de vitamine A acide en crèmes (trétinoïne, adapalène) ;



des antimicrobiens en gels (peroxyde de benzoyle) ;



des antibiotiques en comprimés (cyclines, érythromycine) ;



de l’isotrétinoïne pour les formes les plus graves d’acné ;



éventuellement de traitements hormonaux ou d’une contraception orale chez certaines jeunes filles, mais cette option ne doit pas être discutée d’emblée.





Le choix du traitement se fait en fonction de l’atteinte, après discussion avec le jeune patient et ses parents.





FAUT-IL AVOIR PEUR DE L’ISOTRÉTINOÏNE ?


L’isotrétinoïne est un rétinoïde, un dérivé de vitamine A, prescrit sous forme de comprimés dans les acnés sévères. Ce médicament existe depuis les années 1970, c’est dire si on a du recul sur son utilisation ! Vous l’avez connu sous le nom commercial de Roaccutane®, mais il existe aujourd’hui sous diverses appellations en France : Curacné®, Procuta®, Contracné®…

Comme tout médicament, l’isotrétinoïne peut avoir des effets secondaires. Ils sont expliqués aux jeunes patients, et à leurs parents pour les mineurs. Les effets secondaires de ce traitement peuvent être : des malformations du fœtus si le traitement est pris au cours d’une grossesse, une élévation du cholestérol ou des triglycérides dans le sang, des perturbations du foie, des dépressions… C’est pour cela que l’on fait des prises de sang régulières au cours du traitement, et que les jeunes filles sont obligées de prendre une contraception.

Cela étant, le principal effet secondaire rapporté par les patients est une sécheresse de la peau et des yeux. Ce problème est en fait lié à la dose prescrite, et on peut tout à faire réduire les doses, pour une meilleure tolérance, en prévoyant d’allonger la durée du traitement en compensation.

L’isotrétinoïne est un vieux médicament, sur lequel on a du recul, et qui permet de guérir les acnés sévères. Il ne faut pas en avoir peur, car il est généralement bien toléré, et il soulage de nombreux jeunes patients qui ne supportent plus leur acné. Mais il ne doit pas non plus être prescrit à la légère, ou par commodité, si un traitement local est possible ou suffisant.





Le traitement prescrit est irritant, que faire ?


Il est fréquent qu’une crème anti-acné soit irritante. Mais contrairement aux idées reçues, cela ne marchera pas mieux si on « se décape » le visage, au contraire ! Toute irritation peut aggraver les boutons. Il faut donc réussir à appliquer le traitement régulièrement, sans irriter la peau, en suivant ces règles simples :

utiliser des petites quantités de produit (une lentille par joue, pas plus) ;



ne pas superposer deux soins irritants (en appliquer plutôt un le matin et l’autre le soir) ; si besoin, n’utiliser le soin traitant que 1 soir sur 2 ou 1 soir sur 3 (sauf si c’est un antibiotique, auquel cas, l’application doit être quotidienne) ;



utiliser des soins hydratants pour compenser l’effet asséchants des soins locaux (une crème hydratante peut être appliquée par-dessus ou à la place d’un soin anti-acné).





En résumé, pour les ados : Si votre peau est irritée par un soin anti-acné, c’est que vous en avez mis trop ou trop souvent. Faites une pause de quelques jours, puis reprenez le traitement en ayant la main moins lourde.





Le traitement anti-acné risque-t-il d’aggraver le problème au début ?


C’est une question fréquente, mais, dans mon expérience de prescripteur, c’est plus un mythe qu’une réalité. L’aggravation en début de traitement provient généralement d’un « surdosage ». Il est donc facile d’éviter cette situation très gênante pour les adolescents, et parfois dangereuse pour la peau.

Si un traitement local est prescrit, il faut le démarrer progressivement, en évitant de s’irriter la peau : on commence 1 jour sur 2, en petite quantité, et après 2 semaines, on peut en mettre plus (en quantité) et plus souvent (en fréquence).

Si on démarre un traitement par isotrétinoïne, les doses doivent être augmentées progressivement. C’est de toute façon ce que font les dermatologues lorsqu’il y a des kystes afin d’éviter une poussée inflammatoire des lésions.

Et si vraiment votre enfant redoute la mise en route du traitement, il peut attendre d’être en vacances pour commencer à l’utiliser, tout simplement.





Doit-on prescrire la pilule aux jeunes filles ?


Il fut un temps où l’équation « jeune fille + boutons » avait une solution simple : on prescrivait la pilule. Mais avec le recul, la surveillance des effets secondaires des pilules les plus récentes, la généralisation du tabac chez les filles et la recrudescence des infections sexuellement transmissibles, la pilule n’apparaît plus comme une solution idéale, même lorsqu’il y a un petit ami « stable ».

Désormais, les jeunes filles sont traitées comme les garçons, avec des soins locaux en première intention. Le recours à la pilule n’est jamais systématique et doit être discuté au cas par cas, en évaluant avantages et inconvénients.





Comment se passe la consultation chez le dermato ?


Que votre ado se rende seul en consultation ou que vous l’accompagniez, il est normal qu’il appréhende ce moment. Il peut avoir honte de ses lésions, être gêné de se dévêtir, avoir peur qu’on lui fasse mal en manipulant ses boutons aussi. Le mieux est donc de lui expliquer comment se déroule cette première consultation chez le dermato.

Une consultation dure une quinzaine de minutes. Tout d’abord, le médecin pose des questions sur les antécédents du patient, ses éventuelles allergies ou les traitements qui auraient déjà été prescrits pour l’acné.

Ensuite, vient le temps de l’examen : Quelles sont les zones touchées par l’acné, et quel est l’aspect des boutons ? C’est le moment où votre enfant peut vous demander de sortir ou de vous tourner. Ne le prenez pas mal, vous feriez la même chose si la consultation était pour vous !

Quant au moment tant redouté de l’extraction des comédons, cela n’a rien d’obligatoire, on le fait de moins en moins tant les traitements disponibles aujourd’hui sont efficaces.

Enfin, le médecin rédige l’ordonnance, l’explique au patient, et répond bien sûr à ses questions.

Passé cette « première fois », un adolescent peut se rendre seul aux consultations de suivi. Cela favorise son autonomie et l’encourage à se prendre en main.





En combien de temps agissent les traitements ?


C’est la principale préoccupation des ados, et on peut les comprendre ! Globalement, les soins locaux (appliqués sur la peau) agissent en 2 à 3 semaines, pour atteindre leur pleine efficacité après 3 mois de traitement. Une visite de contrôle est donc nécessaire après 3 mois, afin de modifier le traitement s’il n’est pas suffisamment efficace.

Quant aux médicaments oraux, les antibiotiques agissent en 2 à 3 semaines également, l’isotrétinoïne en 1 à 2 mois, et la pilule en 2 à 3 mois.





Combien de temps va durer le traitement ?


Tous les médicaments ne s’utilisent pas de la même façon. Mais il faut bien comprendre que l’acné peut durer plusieurs années, et qu’une fois un traitement efficace trouvé, il ne faut pas l’arrêter dès que cela va mieux, sinon gare aux récidives !

Les traitements par antibiotiques (locaux ou oraux) s’utilisent généralement pendant 3 mois. Les autres traitements locaux (trétinoïne, adapalène, peroxyde de benzoyle ou soins de parapharmacie) s’utilisent pendant des mois, voire des années. Ce sont eux qui évitent les récidives. Mais leur utilisation peut se faire à un rythme moins soutenu lorsqu’il n’y a plus de boutons : une application 2 à 3 soirs par semaine est possible.

L’isotrétinoïne, quant à elle, s’utilise par cures de 5 à 12 mois (selon la dose quotidienne prescrite et la sévérité de l’acné). Elle permet en général une rémission de plusieurs années.





5 erreurs à ne pas faire avec son traitement anti-acné

1. N’appliquer le traitement que sur les boutons

Le but du traitement est d’éviter l’apparition des boutons, pas de sécher ceux qui sont là ! Il faut donc toujours appliquer les soins sur l’ensemble de la zone acnéique.



2. Essayer le traitement d’un ami

Le traitement est sur mesure : il prend en compte l’aspect des boutons et les antécédents d’un patient. Même si c’est très tentant, il ne faut pas échanger ses soins ou les associer à la prescription de quelqu’un d’autre, cela peut s’avérer très contre-productif !



3. Associer des soins « maison » ou naturels à une prescription médicale

On trouve un tas d’astuces anti-acné sur Internet. Et certaines fonctionnent réellement. Mais elles ne sont pas toujours compatibles avec des soins sur ordonnance. On risque d’irriter sa peau (par exemple, avec des huiles essentielles), de compromettre l’efficacité d’un soin (par exemple, en étouffant sa peau avec une huile végétale) ou d’abandonner progressivement la prescription.



4. Arrêter le traitement après guérison

L’acné peut durer des années, jusqu’à 20 ans, voire plus. Lorsque les traitements sont efficaces, les boutons disparaissent, mais ils ne demandent qu’à réapparaître ! Un traitement d’entretien est nécessaire pour conserver une jolie peau. Et ce pendant des mois ou des années.



5. S’exposer au soleil

La plupart des traitements anti-acné ne sont pas compatibles avec le soleil car ils sont irritants ou carrément photosensibilisants (les antibiotiques oraux comme les cyclines font prendre de sacrés coups de soleil). Le risque de brûlures ou de taches brunes est donc réel. Les vacances au soleil ne sont pas interdites, mais il faut prévoir de la crème solaire haute protection, même pour les peaux sombres.





Y a-t-il un lien entre boutons et alimentation ?


Au risque de contrarier les jeunes, il faut tout de même les informer de cette triste vérité : notre alimentation occidentale aggrave l’acné ! En particulier, ces aliments dont raffolent nos « morfales » de 13 à 20 ans : aliments sucrés, gras, industriels, de supermarché ou de fast-food… et les laitages.

Soyons réalistes : il n’est pas possible que votre enfant évite ces aliments lorsqu’il est avec ses amis, mais vous pouvez tout de même l’informer et adapter vos courses en conséquence afin qu’il mange bien à la maison ! Il faut l’éduquer progressivement sur la façon de bien se nourrir, mais sans faire du repas un moment de stress ou de conflit. Soyez subtile et suggestive, car la technique du « choc frontal » ne marche pas avec l’adolescent.

Les aliments qui aggravent l’acné sont les suivants :

le lait de vache, même écrémé, même bio ;



les aliments sucrés : bonbons, biscuits industriels, crèmes dessert, chocolat, pâte à tartiner… ;



les aliments gras : chips, charcuterie, viennoiseries, préparations industrielles…





Pour obtenir une certaine coopération de votre ado (ou du moins pour éviter des protestations trop sonores), vous pouvez :

lui expliquer – il est en âge de comprendre ; s’il est très gêné par son acné, il peut être motivé pour faire des efforts sur son alimentation ;



lui montrer l’exemple – il est plus efficace de bannir les chips de la maison que de lui demander de ne pas en prendre… ;



aiguiser sa curiosité – proposez-lui des alternatives innovantes pour remplacer ce dont il est privé ; les ados sont par nature curieux et aventuriers, c’est le moment d’en profiter ;



le faire participer – une fois de temps en temps, il peut vous accompagner faire les courses, ou vous aider à faire la cuisine ; si, si, c’est possible, c’est l’occasion de donner son avis, et de devenir actif dans ses choix ; après tout, il est censé quitter la maison et se gérer seul dans quelques années.





Malgré tout cela, l’acné de l’adolescent ne se soigne pas qu’en évitant la pâte à tartiner chocolat-noisette… Une alimentation saine n’est pas un traitement suffisant, c’est un prérequis qui permet de réduire les lésions ou de faciliter les traitements. Prendre de bonnes habitudes alimentaires permettra également à votre ado de limiter les récidives d’acné à l’âge adulte… et d’entretenir sa santé en général.





Peut-on percer ses boutons ?


Manipuler ses boutons est un geste très pratiqué, surtout par les filles. Soit parce qu’elles ne supportent pas la vue d’un bouton à tête blanche, soit parce que ce geste soulage une certaine angoisse. Mais prendre cette mauvaise habitude n’est pas une bonne idée, pour plusieurs raisons :

Manipuler ses boutons risque de provoquer des cicatrices ou des marques rouges résiduelles.



Manipuler ses boutons provoque l’éclosion d’autres boutons juste à côté (par extension de la zone d’inflammation de la peau, plus que par dissémination de bactéries : autrement dit, le seul geste de frotter la peau provoque des boutons, même si les mains sont propres).



Manipuler ses boutons peut devenir obsessionnel et mener à une « acné excoriée », dans laquelle les patientes se font des marques de plus en plus nombreuses et profondes.





Pour toutes ces raisons, Mesdemoiselles, il ne faut pas tripoter vos boutons. Il est en revanche autorisé de les sécher par divers moyens astucieux (voir Comment sécher un gros bouton p. 55).





Peau grasse : 5 erreurs à éviter

Les peaux grasses méritent une attention particulière, car certaines erreurs peuvent aggraver la sécrétion de sébum. Voici 5 bêtises à ne pas commettre.



1. Ne pas mettre de crème après la toilette du visage

Vous pensez que votre peau sera moins grasse si vous la laissez sécher sans rien après la toilette ? Erreur. Votre nettoyage du visage retire le film hydrolipidique. Si vous n’appliquez pas un soin hydratant ensuite, votre peau va réagir en activant la sécrétion de sébum de façon à reconstituer une couche protectrice. Et plus vous la décaperez, plus elle graissera en réaction.



2. Utiliser des nettoyants agressifs pour le visage

Pour se sentir propre et purifié, la tentation est grande de se décaper le visage avec des gels moussants de toutes sortes ou des scrubs quotidiens. Mais ce régime-là ne convient pas à toutes les peaux grasses, d’une part, parce que ces gels asséchants déclenchent une sécrétion réflexe de sébum, d’autre part, parce qu’ils peuvent être irritants pour la peau. Or, l’acné est aggravée par les irritations locales. Vous ne rendez donc pas service à votre peau en l’agressant ainsi. Si la peau tiraille après la toilette, si elle pèle un peu, si elle présente des rougeurs, c’est que vous en avez trop fait ! Réduisez la fréquence d’utilisation de vos nettoyants, et alternez avec une crème lavante, plus douce pour la peau.



3. Superposer les couches de maquillage

On aurait tendance à superposer les soins matifiants, pour éviter à la peau de graisser, puis les couches de maquillage pour camoufler les imperfections. Mais c’est une erreur qui peut coûter cher. Cet effet de plâtrage peut boucher les pores, engorger les glandes sébacées et augmenter points noirs et comédons. Un maquillage fluide appliqué sur une base neutre reste la meilleure solution.

4. Abuser des huiles pour le visage

Certes, certaines huiles peuvent être utilisées sur les peaux grasses, mais il ne faut pas en abuser, ni en quantité, ni en fréquence d’application. Il ne faut pas non plus associer entre elles huiles démaquillantes puis huiles de beauté, ce qui risque d’avoir un effet occlusif sur une peau grasse. Si vous utilisez une huile démaquillante, ne la faites pas suivre d’une huile nourrissante. Et si vous utilisez quand même une huile pour hydrater, contentez-vous de quelques gouttes, et n’en mettez pas tous les jours.



5. Se nourrir d’aliments gras et sucrés

L’état de la peau dépend de ce que vous mangez. Sucre et mauvaises graisses activent le fonctionnement et l’inflammation des glandes sébacées, donc la production de sébum en excès, et qui plus est de mauvaise qualité. Il est souhaitable d’avoir une alimentation plus saine pour contrebalancer la tendance de votre peau à graisser et briller.





Comment sécher un gros bouton

Pour se débarrasser d’un bouton en une nuit, l’astuce consiste à appliquer dessus, au coucher, un produit très asséchant, anti-inflammatoire et antibactérien. N’hésitez pas à en mettre une grosse noisette. Voici 5 produits qui fonctionnent réellement.



1. Le dentifrice

Par son pouvoir asséchant et désinfectant, le dentifrice (n’importe lequel) est un anti-bouton efficace. Une grosse noisette appliquée le soir avant d’aller dormir dégonflera visiblement le bouton indésirable.



2. Le gel hydroalcoolique pour les mains

Ce gel pour laver les mains sans eau est un antibactérien puissant. Une goutte sur le bouton aide à le désenflammer rapidement. Attention, toutefois, aux irritations possibles si vous l’utilisez avec d’autres produits anti-acné.



3. L’huile essentielle de tea tree (HE d’arbre à thé)

Cette HE antibactérienne est l’amie des peaux acnéiques. Comme elle est fluide et discrète sur la peau, on peut renouveler l’application d’une goutte d’HE plusieurs fois dans la journée pour sécher plus rapidement le bouton.



4. L’argile

Une noisette d’argile étouffe efficacement les lésions d’acné pendant la nuit. Si l’argile verte est classiquement recommandée pour les peaux grasses, en réalité n’importe quel masque à l’argile peut convenir pour cet usage ponctuel sur les lésions inflammatoires d’acné.



5. Le gel coiffant

Il y a un garçon qui met du gel dans la famille ? Tant mieux, vous pouvez lui en emprunter un peu pour confectionner un emplâtre sur le bouton indésirable avant d’aller vous coucher. Le gel n’est pas un antiseptique mais il fonctionne bien pour sécher les gros boutons en cas d’urgence. Attention, ça ne marche qu’avec le gel, pas avec les crèmes, pâtes ou autres cires coiffantes.





Le moral de l’adolescent acnéique : une souffrance à prendre en compte


Face aux boutons d’un ado, l’adulte (parent, enseignant, et même soignant…) est souvent tenté d’en minimiser les conséquences. Or, l’acné est une maladie qui impacte considérablement le moral au quotidien. Plusieurs études ont montré que l’acné altérait la qualité de vie plus que l’épilepsie ou le diabète ! Certains chercheurs ont même étudié le jugement qu’adultes ou jeunes portent sur un adolescent atteint d’acné : sans même connaître la personne, un acnéique est jugé moins compétent, plus introverti, moins populaire… et moins apte à effectuer des « petits boulots » qu’un adolescent sans acné. C’est dire si la société est impitoyable et injuste envers les acnéiques.

Votre ado a le moral dans les chaussettes et perd confiance en lui ? Il est nécessaire d’en parler avec lui et d’identifier les causes de sa souffrance afin de l’aider. Posez-lui les bonnes questions pour démêler ce qui le mine : Est-ce la seule présence de boutons qui le désespère ? S’est-on moqué de lui au lycée ? Est-il harcelé par des camarades ? Un adulte lui a-t-il fait une réflexion désobligeante ? Et enfin, s’il est traité pour son acné, le traitement impacte-t-il son moral et apporte-il une solution à l’acné ?

Même si votre enfant doit passer par certaines épreuves pour grandir, ne sous-estimez pas la souffrance engendrée par l’acné à un âge où devrait s’acquérir la confiance en soi.





L’ado fait une fixation sur quelques boutons, on fait quoi ?


Il arrive parfois, objectivement, que l’acné soit peu étendue mais que le jeune focalise son attention sur quelques malheureux boutons. C’est une réalité que les dermatos connaissent : la discordance entre la sévérité des lésions et le retentissement sur la qualité de vie.

Avant toute chose, votre rôle de parent est de sonder l’intéressé(e) : Le problème est-il strictement lié aux boutons, ou y a-t-il quelque chose d’autre ? Si, effectivement, votre ado supporte mal ses boutons, alors il me paraît justifié de lui prescrire ou d’intensifier un traitement. Là encore, sans céder aux exigences du jeune, un petit coup de pouce ne fait pas de mal pour lui permettre de forger son « capital confiance ».

Si, en revanche, l’acné semble n’être qu’un « prétexte » ou une cristallisation de son mal-être, il vaut mieux prendre l’avis d’un psychologue, car la situation ne s’améliorera pas avec le simple traitement des boutons.





Comment aider un adolescent malheureux et renfermé à cause de l’acné ?

Bien sûr, vous l’avez envoyé chez le dermato, mais au-delà du traitement prescrit, il y a d’autres choses que vous pouvez faire pour permettre à votre enfant de s’épanouir et de développer sa confiance en lui.

• Listez les qualités dont il peut être fier : humour, dessin, sport, activités manuelles, culture générale… Il y a forcément un domaine où il vous impressionne ! Aidez-le à mettre ses qualités en valeur auprès de la famille, des amis ou sur les réseaux sociaux.

• S’il ne pratique aucun sport, aidez-le à en trouver un qui convienne à ses capacités physiques. Le sport est une excellente façon de se changer les idées et d’évacuer son stress. C’est également un bon moyen de réguler le fonctionnement de la peau. S’il est réticent, épargnez-lui les sports très populaires où les sportifs de haut niveau sont des modèles que l’on ne peut jamais égaler. Certaines disciplines méconnues peinent à recruter des adhérents et « chouchoutent » vraiment leurs nouveaux inscrits, pensez-y. Et puis, il pourra se vanter et éveiller la curiosité de ses camarades s’il a une pratique sportive originale. Je recommande ainsi vivement aux garçons et filles acnéiques les sports de combat : arts martiaux, boxe… Rien de tel pour se défouler et acquérir confiance en soi !

• Si le sport est « non négociable », aidez-le à trouver un loisir dans lequel on ne le juge pas sur sa peau, un loisir qui lui permette de rencontrer des gens qui ne le percevront pas comme un élève ni un acnéique : photo, dessin, échecs, langue étrangère, cuisine… Sortez-le du cadre scolaire avec l’objectif qu’il s’amuse et s’ouvre au monde plutôt que de se replier sur ses malheurs.





Pourquoi les jeunes d’aujourd’hui sont-ils plus malheureux que leurs parents avec les mêmes boutons ?


Il n’y a pas vraiment d’étude qui compare le vécu des acnéiques d’hier par rapport à ceux d’aujourd’hui, mais tout de même : on ne faisait pas tant de foin pour trois boutons à notre époque ! C’est certainement vrai mais, entre-temps, le monde a changé.

Tout d’abord, votre enfant a probablement été matériellement plus gâté que vous (société de consommation oblige…). Habitué à recevoir beaucoup, il a désormais des exigences de consommateur : il attend, voire exige, une solution à ses problèmes de peau.

Par ailleurs, le monde dans lequel il a toujours vécu est un monde rapide et connecté : un clic lui apporte instantanément ce qu’il désire. C’est un fait, les « jeunes d’aujourd’hui » ne savent plus patienter. Alors, allez leur expliquer que le traitement de l’acné met un mois à agir et va durer des années…

Enfin et surtout, votre ado vit dans le monde de l’image et des réseaux sociaux. Comment supporter l’exposition constante de sa personne au regard et au jugement des autres ? Comment échapper aux images retouchées qui ont envahi notre quotidien ou au déballage perpétuel des corps parfaits de sportifs et de personnalités médiatiques ? Qui ne se sentirait pas oppressé et effondré dans ce contexte ? Quant à faire appel à l’esprit critique de votre ado, c’est peine perdue : il est encore un peu jeune pour comprendre pleinement les codes et finalités de la communication de masse utilisée par les médias…





Mon enfant refuse de traiter son acné

Certains parents n’ont pas les mêmes soucis que les autres, et si votre enfant néglige une acné étendue, cela peut être également un problème. La question est surtout de savoir pourquoi ses boutons ne le préoccupent pas, et s’il est possible de le laisser dans cet état. Plusieurs cas sont possibles.

Votre ado est très bien dans sa peau. Félicitations ! S’il a confiance en lui, a des amis et une vie sociale remplie, vous y êtes pour quelque chose. Dans ce cas, si ses boutons ne laissent pas de marques, inutile de le forcer à se traiter. Il fait même peut-être un peu exprès de négliger sa peau pour prendre ses distances vis-à-vis de vos demandes. Creusez le sujet… et achetez-lui tout de même un soin en parapharmacie, il serait surprenant qu’il ne soit pas tenté de l’utiliser discrètement. Si, en revanche, votre fils a des boutons qui laissent des marques, mieux vaut l’emmener consulter, car il est plus facile de traiter l’acné que les cicatrices.



Votre ado est déprimé ou résigné. Dans ce cas, il serait dommage de ne pas l’aider à se débarrasser de ses boutons. Il a peut-être simplement besoin qu’on le pousse un peu pour se prendre en main. Ou il a lu de grosses bêtises sur l’acné et ses traitements. Ou il a des problèmes plus préoccupants que ses boutons… Ne baissez pas les bras : si le traitement de l’acné n’est pas une priorité, maintenir la communication avec votre enfant en est une, et lui permettre de s’épanouir aussi. Tentez de comprendre ce qui ne va pas, au collège, au lycée ou à la maison, pour l’aider enfin.





Comment traiter les cicatrices d’acné ?


Marques rouges, brunes ou en creux, les cicatrices d’acné peuvent être traitées en dermatologie. Selon la nature des lésions, différentes stratégies sont possibles.





LES MARQUES RÉSIDUELLES ROUGES OU BRUNES


Ces marques fréquentes peuvent être durables, il ne faut donc pas négliger leur prise en charge. Dans un premier temps, les crèmes à base de vitamine A acide sont à débuter, car elles apportent un effet peeling, tout en stimulant la réparation cutanée et en gommant les marques brunes. Ces crèmes sont disponibles sur prescription médicale pour les plus fortement dosées.

En cas d’échec, les peelings peuvent être envisagés :

à l’acide trichloracétique (TCA) pour les peaux claires et les marques rouges ;



aux acides de fruits pour les peaux plus sombres et les marques brunes.





LES CICATRICES EN CUPULES


Ces cicatrices s’atténuent généralement grâce à des lasers ablatifs. Cela consiste à poncer la surface de la cicatrice et à stimuler en profondeur le renouvellement du collagène afin d’émousser les bords et de combler la profondeur des lésions en creux. Les lasers CO2 et erbium sont les plus utilisés, en mode fractionné ou non.





LES CICATRICES EN PIC À GLACE


Dans le cas où les cicatrices sont très creusées (en pic), le laser fractionné seul risque d’être insuffisant. Le premier geste est donc souvent chirurgical localement : le relèvement des cicatrices afin d’en remonter le fond au niveau de la peau normale adjacente. Ce geste peut se faire sous anesthésie locale : il consiste à découper avec un bistouri circulaire le tour de la cicatrice, à l’emporte-pièce ; on remonte ensuite la cicatrice au niveau de la peau et on laisse cicatriser. Dans un second temps, le ponçage des cicatrices devenues moins profondes se fera au laser CO2, fractionné ou ultrapulsé.





Quelques exemples de situations fréquentes en consultation


Les consultations pour l’acné sont le quotidien du dermatologue. Voici quelques exemples de situations fréquemment rencontrées, et dans lesquelles vous allez forcément vous reconnaître. Certaines suscitent des sourires bienveillants et un brin d’amusement, d’autres permettront d’ouvrir le dialogue parent-enfant, d’autres malheureusement sont plus tristes et doivent faire réfléchir parents, patients et soignants à la meilleure façon d’améliorer la prise en charge.





LA DIFFICULTÉ D’ACCÈS AUX SOINS DERMATOLOGIQUES


Tous les dermatologues voient en consultation des jeunes gens qui ont de l’acné. Mais l’inverse n’est pas vrai : les adolescents qui ont de l’acné ne consultent pas tous en dermatologie. Certains sont pris en charge par leur médecin généraliste, d’autres ne sont pas suivis du tout. Cette dernière situation est encore fréquente pour plusieurs raisons :

Financières. Le coût des consultations et des traitements est trop lourd. Entre les dépassements d’honoraires, les médicaments non remboursés et parfois les prises de sang, le budget peut s’avérer élevé pour certaines familles. Si vous multipliez cela par la durée des traitements (l’acné dure plusieurs années) et le nombre d’enfants atteints au sein d’une même fratrie, l’équation est parfois impossible à résoudre !



Géographiques. Les médecins spécialistes exercent souvent dans des villes assez peuplées, sinon ils risquent de ne pas avoir suffisamment de patients. Mais comment font les ados qui habitent dans des villes plus petites ou en zone rurale ? Il est impossible pour eux de se rendre seuls en consultation loin de leur domicile, et il est impossible pour certains parents de faire une heure de route pour assurer un suivi qui doit avoir lieu tous les 3 ou 4 mois en moyenne.



Démographiques. La population médicale vieillit, de nombreux confrères prennent leur retraite chaque année, et rares sont les jeunes diplômés qui « s’installent » et ouvrent un cabinet. Et pour ceux (souvent « celles ») qui le font, travailler à temps plein n’est pas compatible avec la vie de famille à mener. En conséquence, une jeune dermatologue a souvent tendance à travailler à mi-temps en libéral. Pour cette raison, le nombre de dermatologues diminue, et les délais de rendez-vous s’allongent considérablement : 6 mois d’attente pour une consultation de dermatologie en province, 1 mois à Paris… C’est trop et ce n’est pas compatible avec la fréquence des rendez-vous que nécessite le suivi de l’acné.





Je vois régulièrement en consultation de jeunes patients qui viennent de province, après 2 heures de voiture, 1 h 30 de TER ou train Intercités. Je fais au mieux pour leur prescrire un traitement compatible avec les contraintes d’organisation qu’ils rencontrent, mais ce n’est évidemment pas la meilleure façon de les prendre en charge.

Culturelles. Certaines croyances sont encore bien ancrées dans les mentalités ! Bon nombre de parents considèrent encore, malheureusement, que l’acné est un « passage obligatoire » de l’adolescence, et banalisent un problème qui « pourrit la vie » de leur enfant, pour reprendre un terme qui revient souvent dans la bouche de mes jeunes patients. Les mères sont parfois persuadées que l’acné passera après le mariage ou la première grossesse. C’est sans compter sur l’acné de l’adulte, qui touche 40 % des femmes après l’âge de 20 ans. Et puis, quand on est collégien ou lycéen, attendre quelques années que cela passe correspond à une éternité. Sans parler de ceux qui ont une acné sévère générant des cicatrices en creux. Il me paraît donc essentiel d’écouter la plainte des adolescents acnéiques et de tout mettre en œuvre pour leur permettre de consulter et de se faire traiter.





La honte ou la crainte sont également des raisons qui peuvent empêcher un jeune de consulter en dermatologie. Cela vous paraît inconcevable, à vous adulte habitué à fréquenter les médecins (même si, reconnaissez-le, vous y allez parfois en traînant les pieds). C’est pourtant une réalité que j’ai découverte en exerçant en cabinet. Les patients se confient peu à peu quand on leur laisse le temps de s’exprimer et qu’ils nous accordent leur confiance. Il m’arrive donc régulièrement de constater qu’un jeune homme ou une jeune fille peut ne pas consulter un spécialiste de la peau tant ses lésions cutanées sont gênantes. Il en a honte et se mure dans sa souffrance. D’autres fois, malheureusement, ces jeunes patients ont été mal reçus par d’autres confrères et ont une méfiance tenace à l’égard du corps médical. Les confrères qui liront ces lignes trouveront peut-être mes propos exagérés, ou destinés à accroître ma propre patientèle. Ce n’est pas le but. Je relate ici des situations que j’ai constatées, qui m’ont été confiées par des patients. Lorsque la consultation s’est mal déroulée, les patients rapportent un sentiment « d’humiliation, de gêne » du fait des propos tenus par le médecin ou d’un accueil méprisant ou glacial.

Sans entrer dans un catalogue d’anecdotes, je pourrais citer les confidences suivantes… Léa, 16 ans, à qui son dermatologue a dit que si elle avait des boutons « c’était de sa faute »… Pauline, 17 ans, qui a failli pleurer quand sa dermato lui a asséné (pour une raison obscure) : « C’est vous qui avez de l’acné, moi je n’en ai pas »… Paul, que j’ai pris en charge à 25 ans pour des cicatrices d’acné du dos tellement profuses qu’il n’osait plus aller à la piscine, ni à la plage. Sa dermatologue n’avait pas voulu lui prescrire d’isotrétinoïne à l’âge de 17 ans car elle « trouvait le traitement trop lourd ». Paul a fait 5 séances de laser fractionné du dos entier pour atténuer ses cratères… Je pourrais également citer ma propre expérience d’adolescente. Je me souviens d’une consultation à laquelle je m’étais fièrement rendue seule à 16 ans. Ma mère (hélas ! totalement dépourvue de sens pratique) m’avait donné un « gros billet » pour régler car elle n’avait pas de monnaie. Ma dermato m’a accompagnée à l’accueil de son cabinet pour l’encaisser et s’est exclamée en voyant mon moyen de paiement : « Eh ben, t’as cassé ta tirelire ? Regardez, la petite, avec quoi elle paye pour ses boutons ! » Éclat de rire général de la secrétaire et des cinq personnes qui étaient autour. Redoublement des rires devant mon visage rouge de honte… Je suis (presque) certaine aujourd’hui qu’il ne s’agissait que d’une maladresse de la part de cette dame, mais je peux vous assurer que je n’ai jamais remis les pieds dans son cabinet, et que j’ai préféré confier ma peau à mon généraliste, plus attentionné et chaleureux. Ce n’est évidemment pas la norme, mais cela peut expliquer qu’un ado ne veuille plus retourner chez son dermato !

Pour conclure, je trouve réellement dommage que tout cela existe encore à notre époque car l’acné a un impact important sur le quotidien des jeunes. Tous devraient pouvoir bénéficier du même accès aux soins… et des mêmes chances de guérison.





LA DEMANDE DES PARENTS DIFFÈRE DE CELLE DE L’ENFANT


Parents et enfants sont des personnes distinctes et différentes. Leur perception de la situation varie forcément, et cela se ressent souvent en consultation. Schématiquement, deux cas se présentent, que je vais illustrer par des consultations qui m’ont récemment marquée tant elles étaient caricaturales. En pratique, cette discordance vient du fait que, soit le jeune est demandeur d’un traitement fort que ses parents n’approuvent pas, soit, au contraire, ce sont les parents qui demandent un traitement pour un ado pas vraiment embêté par son acné.





Maxime, 15 ans, scolarisé dans un grand lycée du centre de Paris


C’est un beau jeune homme qui fait attention à sa personne et se regarde systématiquement dans tous les miroirs qu’il croise, y compris la vitrine de ma bibliothèque. C’est un geste dont il n’a pas conscience, il le fait automatiquement, en replaçant au passage systématiquement une mèche de cheveux blonds. Maxime a objectivement très peu de boutons, mais son traitement local ne semble pas agir suffisamment, il l’a d’ailleurs arrêté de lui-même. Il réclame donc avec insistance un traitement oral par isotrétinoïne « pour avoir une peau nickel ». Maxime est mineur, c’est donc en présence de sa mère que se fera la conversation suivante. J’ai longuement expliqué à mon jeune patient que la légèreté de son acné ne justifiait pas un traitement fort et par voie orale. Sa mère était absolument d’accord avec moi, mais il a fallu argumenter un bon moment pour lui expliquer tout cela, et avec diplomatie s’il vous plaît ! Je lui ai prescrit un traitement local plus fort, à suivre avec plus de rigueur et d’assiduité. Dans le cas de Maxime, comme souvent, la très haute image que certains ont d’eux-mêmes, l’exposition de leurs photos sur les réseaux sociaux et une exigence peu réaliste compliquent souvent la tâche du dermatologue. Cela peut également créer des conflits avec les parents lorsqu’ils ne donnent pas suite aux demandes incessantes de leur enfant.

Face à une situation de blocage comme celle-ci, mon conseil est de tenir bon et de ne pas céder, dans l’intérêt de votre ado. Si effectivement les lésions d’acné sont minimes, il faut refuser d’entamer des traitements lourds et potentiellement pourvoyeurs d’effets secondaires. La première raison est évidemment médicale. Mais il faut aussi poser des limites et enseigner à votre enfant le bon sens, la ténacité et la patience. Lui apprendre à limiter ses publications et ses mises en scène sur les réseaux sociaux l’aidera également à se sentir mieux dans sa peau et moins anxieux du jugement des autres.





Zacharie, 16 ans, habite une banlieue très chic, et ses parents ne supportent pas de voir leur rejeton avec des boutons


Zacharie pense un peu aux études, un peu aux filles et beaucoup au sport. Il restera passif et quasi muet au cours de toutes les consultations auxquelles son père et sa mère ont toujours tenu à l’accompagner. La motivation des parents de ce grand garçon est légitime : Zacharie a une acné qui lui laisse des marques rouges sur les joues. Mais elles sont aussi dictées par un contexte social particulier : l’acné n’est pas la bienvenue chez les enfants des classes favorisées. Dans ce cas, il m’a fallu d’abord rassurer les parents, anxieux et très protecteurs : les marques partiront, grâce à un traitement local ou éventuellement un peeling, mais leur garçon ne sera pas défiguré. Compte tenu de la réticence de ce jeune homme à appliquer ses soins, nous sommes tombés d’accord, lui et moi, sur un protocole que je qualifierais de « réaliste » : appliquer un soin le soir ou 1 soir sur 2, tant pis s’il y a des oublis. Après quelques mois de traitement, Zacharie n’avait plus de boutons. Ses marques s’étaient bien atténuées, mais, à nouveau, ses parents ont insisté pour entreprendre un acte esthétique gommant les traces résiduelles. Après discussion tous les quatre, il est apparu que cette option était finalement intéressante pour Zacharie, étant donné qu’il était devenu assidu avec ses soins locaux, et finalement motivé par les bons résultats. Nous avons donc programmé un peeling pendant les vacances scolaires. Dans ce contexte où j’avais pu m’entretenir longuement avec les parents et le jeune homme, j’ai demandé aux parents de le laisser venir seul au rendez-vous (oui, en prenant tout seul le RER B…). Enfin ! Le jour du peeling, j’ai découvert, au lieu du grand garçon passif et mutique, un jeune homme accompagné de sa petite amie, autonome et organisé, confiant et attentif. Quel heureux changement !

Cet exemple illustre deux choses. La première est le décalage fréquent entre la demande des parents et celle de l’adolescent. La seconde est la différence de comportement souvent constatée entre un ado qui consulte avec ses parents ou tout seul.

Face à cette situation, mes conseils vont d’abord aux parents. Certes, vous voulez ce qu’il y a de mieux pour votre enfant, mais n’oubliez pas qu’il ne s’agit pas de vous. S’il est souhaitable de prendre un avis pour une acné importante et de la traiter, les actes esthétiques ne peuvent en aucun cas être imposés aux mineurs ! La solution réside plus dans le dialogue et les explications que dans la contrainte. Enfin, il faut développer autant que possible l’autonomie de votre enfant, quel que soit son âge. À court terme, cela favorisera la bonne réalisation du traitement en impliquant activement votre ado. Et à moyen terme, cela lui donnera confiance en lui et lui permettra d’accumuler des expériences qui lui serviront plus tard.

Pour conclure sur le cas de Zacharie, je précise que le secret médical s’applique aux mineurs et que la présence de sa petite amie ne sera jamais mentionnée aux parents sans l’accord de mon patient. De toute façon, il aura bientôt 18 ans, et je lui ai expliqué que je compte bien le revoir sans ses parents s’il a encore des problèmes de peau !





DES DIFFÉRENCES DE MATURITÉ ÉNORMES À GE ÉGAL


Je n’apprends rien aux parents : les enfants sont bien différents au même âge ! Certains ados sont matures, organisés et autonomes dès 12 ans, d’autres sont dans les nuages, distraits ou franchement puérils jusqu’à leur majorité ! Je constate tous les jours ces variations en consultation… et je les vis aussi en tant que mère d’ados aux tempéraments très différents.

On objectera peut-être que les filles sont plus rapidement matures que les garçons. C’est vrai… en moyenne, mais ce n’est pas toujours le cas. Aux parents qui sont tentés d’accompagner leur ado à toutes les consultations, sous prétexte qu’il ou elle « oublie tout », je répondrai gentiment qu’il ou elle ne risque pas de gagner en autonomie si on fait tout à sa place. À moins d’avoir un retard intellectuel, votre ado saura se débrouiller seul en consultation. Et il intégrera d’autant mieux les consignes qu’il participe activement à la discussion.

Vous en doutez ? J’ai quelques jeunes patientes et patients que je pourrais citer en exemples. Camille, 12 ans, que j’ai vue la première fois avec sa mère puis qui est revenue seule pour toutes ses consultations de suivi. Équipée d’une pochette rouge dans laquelle elle rangeait méthodiquement ordonnances, carte Vitale et chèques, Camille n’a jamais rien perdu, et je l’ai toujours encouragée à me poser toutes ses questions. En cas de discussion complexe, ou d’oubli, il aurait toujours été possible de m’entretenir au téléphone avec la mère de Camille ou de les revoir en consultation toutes les deux. Évidemment, tous les jeunes patients n’ont pas les mêmes qualités d’organisation, mais si on ne leur donne pas l’occasion de les aiguiser et de se prendre en charge, inutile d’attendre un déclic spontané de la part d’un ado qui a autre chose à faire !

J’encourage donc toutes les mères à aborder ce point avec leur enfant et le dermatologue lors du premier rendez-vous : « Mon fils viendra désormais seul si cela ne vous pose pas de problème. » Mis devant le fait, votre enfant rechignera peut-être un peu au début, mais il sera rapidement capable de se débrouiller seul. Si cela peut vous rassurer, je n’ai jamais, en dix ans de pratique en cabinet, été obligée de faire revenir un parent parce que son enfant était incapable de se prendre en main. Lorsque se pose la question d’un traitement oral, bien sûr, il faut un adulte, responsable légal, à l’initiation du traitement. Mais en dehors de ces cas, aucun ado n’échoue au test de la prise d’autonomie.





DES JEUNES PATIENTS UN PEU PASSIFS OU DÉCONCENTRÉS


Il peut également arriver que l’on ait du mal à établir la communication avec un adolescent au cours d’une consultation, pour diverses raisons, finalement un peu les mêmes qu’à la maison. Certains jeunes sont dans les nuages, songeurs ou fatigués après une journée de cours. D’autres n’osent pas ou ne pensent pas à s’exprimer, et se retrouvent assez passifs face au médecin